A quoi ça rime, Dorian ? Te souviens-tu de cet après-midi d'été pluvieux où j'avais trouvé refuge dans cette bibliothèque de Soulac ? Te souviens-tu de mon sourire quand je t'ai vu à l'étagère des mangas, hésitant entre Naruto et Dragon Ball Z, alors que je feuilletai Julien Green ? Te souviens-tu de ta moue, puis de ta voix qui était venue briser le silence merveilleux ? Te souviens-tu de mes attentes, de mes impatiences, de ces journées et de ces nuits à te faire découvrir Sagan, Wilde, Austen, Rimbaud, Baudelaire et Verlaine ? Te souviens-tu de tes bises fraîches sur ma joue glacée après des heures de surf ? Et de mon regard qui t'en demandait plus ? Te souviens-tu de ce soir où tu as enfin cédé ? Te souviens-tu du sang, Louis, du sang ?
A quoi ça rime, Julien ? D'aimer le même homme, de s'aimer aussi ? De se parler, de se comprendre, et de devoir s'éloigner ? A quoi ça rime, d'être mort d'avoir aimé ?
A quoi ça rime, Jolan ? A quoi ça rime, la vie, la mort, l'amour et la haine ? A quoi ça rime, notre existence ? A quoi ça rime, mon amour pour toi ? A quoi ça rime, de vivre encore sans toi ? A quoi ça rime de t'écrire, de t'attendre, de t'aimer ? D'espérer ?
A quoi ça rime, Charlotte ? Ces imparfaits, ces mots, ces chansons ? A quoi ça rime, de s'aimer ?
A quoi ça rime, Evan' ? Ces disputes, ces cours à te fixer, à se taire ? A quoi ça rime, de t'aimer sans savoir ?
A quoi ça rime, Camille ? D'haïr, d'envier, d'espérer ?